mercredi 22 mars 2017

Elle est la muse du monde

Elle a des yeux parsemés d’aurore et de crépuscule
L’esquisse de son sourire trace des rues pavées d’argent
Elle les vide ou les remplit à sa guise, comme un caprice
Qu’elle répand sur les marches de Montmartre.

Sa robe est couverte de baisers, ceux des amants
Qu’elle a croisés en traversant le Pont des Arts
Et sa peau satinée marque quelques cicatrices
Abandonnées par le murmure des cœurs brisés.

Elle a l’audace d’être délicieuse et fatale
Comme une cigarette dans un moment de nostalgie
En hiver, lors d’une promenade au Parc Monceau
Lorsqu’on se languit des caresses du passé.  

Son corps ondule comme la Seine
Elle n’est pas femme, elle est poésie
L’éclat de son rire est scintillant
Comme les soirs sur le Boulevard Saint-Germain.

L’été, on la décore de fleurs en forme d’amour
Qu’elle offre à la brise joueuse parmi les toits
La nuit, la Tour Eiffel lui susurre tous ses secrets
Et elle écoute, bercée par l'écho tendre de sa voix.

Les hommes la suivent dans la pénombre et l'ivresse
Puis lui offrent le café et la passion au petit matin
Elle les embrasse et le temps s’arrête, comme un tableau
Sur lequel elle aurait peint ses souvenirs.

Son chagrin se manifeste par le flot de ses larmes
Et sa tristesse découle pendant plusieurs saisons
Puis elle tombe amoureuse, souvent au printemps
Et sa mélancolie sèche sur les trottoirs chauds de bonheur.

Elle est l’astre autour duquel le monde tourne et survit
Elle est tienne, elle est mienne, elle est nôtre
Elle est les monuments, le vin et l’insouciance
Son nom résonne comme une parfaite symphonie :


Paris, Paris, Paris.  

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