jeudi 13 décembre 2012

La peur humaine

Lorsque j'étais petite, je pensais qu'il y avait des monstres sous mon lit. J'étais convaincue que si je bougeais, si j'effectuais le moindre geste, les monstres reserreraient leurs tentacules autour de mon corps et m'étoufferaient. C'était une peur d'enfant, une peur innocente. Mais la terreur que créeait mon imagination me figeait dans un état de hantise qui ressurgit parfois dans mes moments d'affolement.
Les monstres que je voyais étaient issus du fruit de mon imagination, mais ma peur, elle, était bien réelle.
Cette peur d'enfant, si crude et pourtant si présente, évolue au cours d'une vie. C'est une peur perpétuelle, grandissante. L'être humain se retrouve constamment appeuré, effrayé. Sa lâcheté le rend victime à sa propre frayeur.
Il a peur de tout. De sa société, de son entourage, de sa propre existence. Il a peur des opinions, des pensées et des impressions. Il a peur de vivre.
Un phénomène que j'ai toujours trouvé étrange, c'est la peur que l'Homme addresse à son futur et son passé. Il s'oublie tellement dans le temps qu'il rate son présent. Il obsède sur les évènements du passé et les hypothèses du futur. Mais jamais est-ce qu'il réfléchit à son présent. Il n'y a pas de temps pour apprécier le jour au jour. La peur de l'échec le hante, ainsi que celle de la réussite. C'est le paradoxe de la peur humaine: rater ou réussir, cela se résume au même, car la pression est partout. La peur est partout.
L'Homme qui ne vit pas dans le présent ne vit plus du tout. Il survit. Il essaie de défier le temps et survivre dans une peur qu'il appelle une existence.
Parce que la plus grande peur de l'Homme c'est le temps, et son existence dans le temps. Il ne veut pas mourir, il ne veut pas s'effacer. Il a peur d'être oublié. Alors, motivé par sa peur, il subit une vie décolorée.
Car, comme disait Antoine de Rivarol, "la peur est la plus terrible des passions parce qu'elle fait ses premiers effets contre la raison; elle paralyse le coeur et l'esprit."

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