samedi 10 avril 2021

Une déchirure comme un ravin

Une déchirure comme un ravin dans lequel pleuvent les échos 

Des instants incertains d’une jeunesse vacillante 

Temple oublié des lamentations qui frissonnent 

Par une fissure je te retrouve enfin. 


Tendre écorchure, ne me maudis pas 

D’avoir tenté t’étouffer alors que tu hurlais 

Avec des fibres de sourires et des rires éclipsés 

Le sang de nos pleurs peut à nouveau couler. 


Me perdre dans les nues de ton gouffre immortel 

M’est comme un rêve où je m’élève, abandonnée 

N’est-il pas délicieux d’arrêter de lutter ? 

Emportée par les brisures des vagues de douleur. 


Souvenons-nous ensemble des élégies chantées 

Par une nostalgie encore frêle, aujourd’hui prétentieuse 

Je fredonnais des airs emmêlés de sanglots 

Tortueux chemins de ronces me menant enfin à toi. 


Mais jamais, plus jamais, ne résisterai-je 

Ne tenterai-je d’emprunter des terrains ensoleillés 

Sans brisures, sans crevasses, remplis de promesses 

Espérances comme des amours ne m’étant destinés. 


Une déchirure comme les bras d’une mère aimante 

Comme les premières rougeurs perçues aux joues d’un bien-aimé 

Comme le réveil de l’aube après un long sillage de jais 

Je te retrouve, douce tristesse que je n’aurais jamais dû quitter.