Une déchirure comme un ravin dans lequel pleuvent les échos
Des instants incertains d’une jeunesse vacillante
Temple oublié des lamentations qui frissonnent
Par une fissure je te retrouve enfin.
Tendre écorchure, ne me maudis pas
D’avoir tenté t’étouffer alors que tu hurlais
Avec des fibres de sourires et des rires éclipsés
Le sang de nos pleurs peut à nouveau couler.
Me perdre dans les nues de ton gouffre immortel
M’est comme un rêve où je m’élève, abandonnée
N’est-il pas délicieux d’arrêter de lutter ?
Emportée par les brisures des vagues de douleur.
Souvenons-nous ensemble des élégies chantées
Par une nostalgie encore frêle, aujourd’hui prétentieuse
Je fredonnais des airs emmêlés de sanglots
Tortueux chemins de ronces me menant enfin à toi.
Mais jamais, plus jamais, ne résisterai-je
Ne tenterai-je d’emprunter des terrains ensoleillés
Sans brisures, sans crevasses, remplis de promesses
Espérances comme des amours ne m’étant destinés.
Une déchirure comme les bras d’une mère aimante
Comme les premières rougeurs perçues aux joues d’un bien-aimé
Comme le réveil de l’aube après un long sillage de jais
Je te retrouve, douce tristesse que je n’aurais jamais dû quitter.