mardi 7 juin 2016

Le sommeil maudit

Des songes glissent sur mon âme meurtrie
Noircie par de fiévreuses tentations
Qui apparaissent au plus profond de la nuit
Et me guident parmi la pénombre.


Quel elixir que celui qui m’enivre
Et me soulage de ce démon vorace
Celui qui m'assaille, me viole et me livre
Aux pensées qui sans cesse me pourchassent.


L’encre de mes pages est tachée de sang,
Déversé par l’Espoir envolé
Qui, l’aile chavirante dans le vent
S’incline telle une colombe blessée.


Seul mon poison me berce; doux amant
Et nue, je m’abandonne à lui
Ma raison mêlée à la brume du temps
Dont je ne retiens plus qu’un souvenir.


Je ne pense plus, simplement je ressens
Je languis dans la chair et la peau
Qui, comme des pétales m’effleurent
Me couchent dans un divin tombeau.


Mon malheur me surprend au réveil
Lacère mon esprit de réflexions
Elles me brûlent comme le vaste Soleil
Et je hurle devant cette trahison.


Mon esprit léger de volupté
M’est confisqué; tendre être éphémère
Et, arraché des bras de Morphée

A nouveau mon tourment se libère.